Réf : article de Valérie Solvit, Service Littéraire, mars 2022
Wiatscheslav Vassiliev, dit Slavik, a fait rayonner Paris pendant plus de 60 ans. Son histoire et son travail inscrivent la capitale dans le design du siècle.
Du Dôme à Montparnasse, du Jules Verne à la tour Eiffel, du Muniche et du drugstore à Saint-Germain-des-Prés, du pub Renault aux Champs, Slavik est inspiré et inspirant.
Fantasque évidemment, il a été nourrie par l’esthétique des ballets de Diaghilev et celle du Bauhaus. Il a inventé un style rococo poétique contemporain plus que mémorable.
Aujourd’hui, grâce à six années de rechercher faites par sa compagne Géraldine, on découvre toute son importance, l’histoire des lieux mythiques, restaurants, night-clubs, bars et brasseries.
Un livre magistral initié par ses enfants Philippe et Barbara.
Tout avait commencé à la sortie des Arts Déco. Peintre et décorateur, né à Tallinn en Estonie, Slavik crée des citrines d’une grande modernité dans cette période grise d’après guerre (d’un esprit surréaliste pour les Galeries Lafayette). Il collabore avec les frères Adnet pour les meubles, avec Cassandre l’affichiste, avec le chorégraphe Serge Lifar.
Sa vie ? Un roman. Dandy, élégant, audacieux, ayant osé le style « américanoslave » à travers plus de 300 lieux faisant collaborer les meilleurs artisans jusqu’à Venise qu’il connaissait et aimait éperdument, il fuit Saint-Pétersbourg, Berlin, le froid et la famine. Arrivé à Paris, « la ville de l’amour », comme il le disait lui-même, il vivait pour la grande émotion, la passion.
La passion dans tout : les femmes, l’Art, la gastronomie. Il aimait la choucroute, les harengs, le caviar, le pain noir, le Koulibiac et la charcuterie française… Il était un grand français et son âme était russe.
Ce qu’on doit savoir de lui, comme le disait Cocteau de Bérard : « Il inventait, trouvait, racontait, jouait, mettait en scène magnifiait, recréait le monde, sur le papier des nappes de restaurant. Il avait le sens de la féérie et du merveilleux »



