MES BRÈVES PRÉFÉRÉES

Slavik metteur en scène d'un art de vivre baroque

QUELQUES PUBLICATIONS  sur plus de 40 ans de travail !

 

Candide, 15 août 1966 :

Apôtre barbu du confort anglais et des velours couleur tabac ou havane. Possède la réputation de faire gagner à ses clients trois fois plus d’argent que prévu et l’a prouvé en décorant les Drugstores Champs Elysées et Saint-Germain des Prés, le pub Winston Churchill, le Bistrot de Paris et autres lieux de plaisir en forme de mines d’or. Possède la particularité de s’habiller comme si le monde n’était peuplé que de daltoniens et chérit particulièrement les tenues qui laisseraient supposer qu’il va partir dans la province de Wichita pur y tuer quelques Indiens. 

 

Paris-Match, 21 septembre 1968 :

Le secret de Slavik « né à vingt ans dans les sous-sols d’un grand magasin ». 

 « J’aime le romantisme et la folie poétique. » Ce qui n’empêche que dans les endroits décorés par Slavik, le chiffre d’affaire monte de 100%. 

 

Revue Bois d’aujourd’hui juin 1969 :

Mieux qu’une mode, c’est vraiment un style qui est né de l’imagination de ce Slave si français, farceur et passionné et qui cache si bien, sous une désinvolture apparente, une formidable puissance de travail et un sens aigu de l’organisation. Etonnant les uns, scandalisant les autres, jalousé, envié mais adoré par ceux qui le connaissent, et en tout premier lieu par cette équipe de compagnons d’élite qui œuvre avec amour pour lui, Slavik ne cherche ni à faire école, ni à servir de modèle à quiconque. 

 

Jean-Pierre Auclert, dans ADAM 1971 :

Il fut celui par qui le scandale arrive, l’abominable homme des « drugs » et des « pubs » : il fut adoré et souvent brûlé : il est terriblement à la mode. Mais, à y regarder de plus près et à écouter parler ce Russe inspiré, on s’aperçoit qu’l s’agit d’un fou – fou comme Baudelaire et Salvador Dali.

 

Denise Dubois Jallais  dans ELLE 1972 :

 Le pionnier des drugstores en France. Celui des Champs Elysées, c’est lui. Celui de Saint Germain des Prés, c’est lui. Sa devise pourrait être : « Cinq mille clients par jour dans chaque drugstore que je conçois et décore. » Le comble : il est devenu le spécialiste des drugstores à Londres et à New York. Caractéristiques : silhouette de boyard, goûts de sybarite, âme de poète, personnalité parisienne.

 

Gault et Millau,

  • Dans article sur le Baumann Baltard, Avril 1979 :

Un jour, le musée Pompidou finira bien par consacrer à ce barbu poétique et farceur une grande exposition, et Tout-Paris respectueux s’inclinera devant son immense talent. 

 

  • Dans article : « Les gros gourmands – Slavik « Si les hommes étaient lus malins, ils laisseraient tomber les repas d’affaires et inviteraient des femmes à déjeuner. » Janvier 1980.

Incontestablement le premier décorateur en France dont l’histoire de la Table retiendra le nom.

 

    –    Dans article Gilles Pudlowski « Les 40 noms qui font la cuisine » :

Le Russe le plus parisien de Paris. A réinventé le décor de restauration et la notion même de bistrot. Aime ce qui choque et dérange. On dit aujourd’hui : « C’est du Slavik ! Il a perdu son prénom, signe qu’il est rentré dans la légende.

 

 

Le Point, 23 février 1981 : « Francis est mort, vive Francis ! » par Gault et Millau :

Francis n’était plus qu’un vaste gâchis… Le propriétaire, Monsieur Richard fils a décidé de fermer la maison et de repartir d zéro. Le surlendemain de l’ouverture, que n’avait précédée aucun roulement de tambour, « Francis » était plein et refusait du monde.

L’un des artisans de ce succès est incontestablement Slavik. Il est de bon ton, dans certains milieux, de faire la fine bouche quand on prononce son nom. Slavik ? Ah oui ! Les drugstores … Une étiquette – d’ailleurs plus qu’honorable – dont il a du mal à se défaire. Pourtant, quand il sera mort, on lui consacrera quelque part une exposition et l’on reconnaîtra alors qu’il fut, dans les années 1960-1980, l’un des rares, peut-être le seul, à avoir compris quelque chose à ce que doit être un décor de bistrot ou de restaurant. Bien sûr, il lui arrive de se répéter et même de se pasticher à la commande mais, quand on lui laisse la bride sur le cou, il est capable du meilleur.

C’est le cas chez « Francis » où, non sans un clin d’œil, il a inauguré une sorte de grand café Louis XV-1900, baignant dans une lumière dorée, avec d’immenses lustres ornés d’un papillon d’écaille, des murs laqués couleur caramel, une profusion de miroirs, des boiseries en trompe l’œil façon ronce de noyer et des petites lampes roses sur les tables. Les garçons portent des vestes gris perle au-dessus d’un long tablier blanc et pour peu on s’attendrait à les voir danser sur une chorégraphie de Roland Petit.

 

Claude Lebey :

  • Dans L’Express, 14 février 1981: « Chez Francis : Du premier drugstore de l’Etoile à Baumann Baltard, en passant par les Assiette au bœuf, nous sommes redevables à Slavik de quelqu’uns des plus beaux décors de restaurant réalisés à Paris depuis quinze ans. Il s’est, ici, surpassé : glaces biseautées, cadres peints en trompe l’œil, écaille : il a parfaitement compris qu’un restaurant, c’est un théatre.
  • Dans revue Restauration, 8 mars 1991, auteur du « Petit Lebey des bistrots parisiens », directeur de collection chez Robert Laffont, journaliste spécialisé collaborant à plusieurs médias, Claude Lebey est considéré comme l’inventeur d’une véritable charte du bistrot parisien dont il a défini les critères de décor, de service et de carte :

Il importe avant tout qu’il y ait adéquation parfaite entre le décor et les prestations offertes. Il faut donc décider du type de cuisine avant de penser au décor. C’est ce qu’a fort bien compris Slavik, l’un des plus talentueux décorateurs spécialisés de notre époque. Quand il fait un bistrot « ancien », c’est le Bistrot de Paris ou le Petit Mâchon ; quand il fait un décor contemporain, c’est la réussite exceptionnelle du Jules Verne de la Tour Eiffel. Un autre principe de base, c’est de penser au confort du client… les odeurs … . La qualité des éclairages est essentielle. Les spots halogènes s’ils sont mal utilisés, peuvent donner le soir une lumière crue redoutable pour le visage. Pour les restaurants d’une certaine classe, on peut préférer les petites lampes à abat-jour posées sur chaque table. A chaque fois que cela sera possible, on choisira les tables rondes, plus conviviales et des fauteuils plus confortables que les chaises que l’on réservera, comme les banquettes, pour les brasseries ou les bistrots où le coude à coude est admis et parfois souhaité pour créer l’ambiance….. On se méfiera des décorateurs qui n’ont pas l’expérience des décors de restaurants, même – et peut-être surtout – s’ils ont du génie. Non seulement, ils ne connaissent pas les contraintes techniques et d’exploitation, mais, en outre, ils n’admettent guère qu’on leur en fasse part….. Un décor contemporain est des plus difficiles à réussir pour éviter la froideur inhérente à ce style et aux matériaux employés…..On a pu croire qu’un beau décor était réservé aux restaurants de luxe, ce n’est pas vrai. Quel que soit le niveau des restaurants, le décor est un élément essentiel de réussite….. Les chaînes ont compris l’importance du décor souvent plus raffiné que l’assiette…. Dites-vous bien, enfin, qu’un décorateur de talent et de notoriété n’est pas plus coûteux qu’un inconnu, contrairement à l’idée généralement répandue.

 

 

Le Quotidien de Paris 23 mars 1984 :

Il faudra un jour écrire un livre sur les décors de Slavik et la cuisine qui s’y pratique. Ici, c’est celle de Guy-Pierre Baumann pour Baumann Marbeuf.

 

Philippe Couderc, Minute :

  • 16 octobre 1982 : « Cela m’amène à me pencher sur le cas de cette chaîne des « Assiette au Bœuf » et « Bistrot de la Gare » qui, depuis sept ans, se ficellent une jolie réussite. Elle a débuté sur une idée qu’il faut bien rendre à Slavik, le décorateur. Il a été le premier à comprendre que créer un joli décor pour des restaurants à bon marché n’était pas ruineux comme investissement mais terriblement rentable par la suite. Finis les tubes au néon, les tables en plastique plus ou moins faux bois, le style cantine. Il a inventé des « Maxim’s » du presque pauvre. La seconde idée a été de confier la conception des menus à Michel Oliver. »

 

  • 1985: Dans article sur le Presbourg « A dévorer mais surtout des yeux : « Cette fois-ci, c’est décidé, je vais réaliser un album en couleurs sur le thème du style Slavik : car une fois de plus, ce sacré décorateur a inventé un cadre nouveau pour un restaurant sans pour autant cesser de se copier sans se plagier. Il doit en être à sa énième création à travers le monde, s’étant inspiré de toutes les époques pour créer sa manière. »

 

  • 1986 à propos de Forza I Matti : « Cette fois-ci, c’est décidé : j’écris un livre-album consacré à ce diable de décorateur qu’est Slavik. Depuis vingt ans bientôt qu’il invente des décors de restaurants qui ne ressemblent jamais à aucun autre (si ce n’est, exceptionnellement, à eux-mêmes), cela représente une somme qui compte dans ce style de créations. »

 

Jacqueline Saulnier, Marie-Claire, mars 1984

            Le Jules Verne : Slavik nous offre là une bouffée de beauté audacieuse, prouvant qu’il est l’un des premiers décorateurs de notre temps.

 

M-A.P. LE  FIGAROSCOPE 28 MARS 1990 

SLAVIK : UN NOM DEVENU AUSSI CLASSIQUE QUE CES DECORS – SLAVIK EST-IL UN DECORATEUR ?

Oui, si l’on en juge par le nombre impressionnant de décors de restaurant qu’il a signés, non si on l’écoute parler. Car celui qui se détermine comme un « conseiller – préconisateur » est avant tout un raconteur d’histoires. Et ces histoires, que ce diable d’homme invente, sont les nôtres, les vôtres, les leurs, celles qui nous, vous, leur ressemblent avec toute la misère et la gloire que génère le simple acte de se nourrir.

« La gueule et le cul, avec les nappes qui préfigurent les draps, où le quotidien rabattu sur le presque futile mais nécessaire… Les clients (restaurateurs) ont toujours peur de faire trop. Mais rien n’est trop dans la vie ! Il faut être debout sur l’accélérateur et jamais sur le frein…. » Démesure verbale pour une élégance d’âme, extraordinaire lucidité et générosité humaine, talent à facettes complexes et contradictoires ont porté le travail de cet homme le long d’un chemin où l’on aime se perdre. 

 

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