L’avant-gardisme de Slavik

Réf : Le Monde, décembre 2021

Les drugstores des Champs-Elysées et Saint-Germain-des-Prés, le Dôme à Montparnasse, le Jules Verne de la tour Eiffel ?

C’est lui : le peintre et décorateur Slavik (1920-2014), né à Tallinn, en Estonie, qui a régné sur Paris pendant près d’un demi-siècle, de fifties à l’aube de l’an 2000.

On aimait ses vitrines surréalistes pour les Galeries Lafayette, puis ses ambiances mi-slaves, mi-Amérique façon « route 66 », pour les quelques 300 restaurants à son actif.

Mais aussi ses idées d’avant-garde tel le Drugstore Publicis vendant cigarettes, journaux, médicaments et disques… jusqu’à tard dans la nuit.

Ayant fui la révolution russe à l’âge de 9 ans seul avec sa mère, ce diplômé de l’Ecole nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris et de l’Institut des hautes études cinématographiques rêve que dans la capitale, on s’amuse à tout heure. Il aime les matières nobles et les motifs fantasques qu’il peint sur les meubles de Jacques Adnet, quand il ne collabore pas avec le graphiste Cassandre ou le chorégraphe Serge Lifar.

« Il remplissait toutes ces fonctions des arts appliqués« , se souvient son ami, le photographe de mode et graphiste Peter Knapp.

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