la boucherie sublimée par Slavik au cœur des Halles
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Plafond laqué vanille en harmonie avec le sol en carreaux de ciment. Tables « billots de boucher ».
Réenchanter un temple de la viande
Dans les années 1980, lorsque l’excellent boucher Christian Dubois demande à Slavik de repenser Le Louchebem, ce haut lieu de la viande situé au cœur des Halles, il ne s’agit pas de le “moderniser”, mais de l’élever sans le trahir. Pour ce décorateur de génie, chaque lieu doit raconter son histoire avec panache. Il puise dans l’âme du quartier des Halles, ancien ventre de Paris, et dans la tradition des bouchers — les “louchebems” en argot — pour créer un décor à la fois populaire et théâtral.
Plutôt que d’effacer l’identité charnelle du lieu, il la célèbre. Il fait du Louchebem un théâtre de la viande, où les codes de la boucherie deviennent matière à scénographie, et où l’on vient autant pour la bonne chère que pour l’ambiance.
Un cabaret carné, entre rusticité et chaleur
Loin d’un raffinement distant, l’ambiance pensée par Slavik est chaleureuse, bruyante, vivante. Il redonne aux Halles leur rôle central : un lieu de passage, de rencontre, de table et de palabres. L’ambiance du Louchebem est celle d’un bistrot populaire monté en gamme — un clin d’œil à la gouaille parisienne, au service direct, aux grandes tablées.
Dans ce lieu, on ne chuchote pas : on rit, on partage, on découpe. Et pourtant, rien n’est laissé au hasard. Le décor soutient l’ambiance sans la figer. Il donne une structure à la convivialité, une noblesse aux gestes simples : trancher, servir, savourer.
Slavik : « Net, pratique, violent comme une boucherie demi-gros. On y mangera en bras de chemise, les pieds dans la sciure. Les parquets du premier étage seront en bois de charme debout, comme les billots de boucher, des murs pourpre et blanc, des éclairages sans chichis, des fauteuils en bois formé modèle fonctionnaire-chef de service sous Courteline ; des peintures « carnivores » en panneaux, des grilles d’anciennes boucheries comme claustras, les photos de ceux qu’on aime, bibliothèque et musée de boucherie, une clientèle sans frime et l’espoir d’un service diligent. »
Au 1er étage aux murs laqués de rouge, luminaires publics milanais montés à l’envers et des luminaires « Trois nichons » issus des luminaires italiens.
Au rez de chaussée, des gamelles industrielles découpées dans lesquelles Slavik fait insérer des verres de la maison Holophane. Des tables pensées comme des billots de boucher en bois debout.
Localisation
31, rue Berger, Les Halles, 75001 Paris
Le Louchébem selon Slavik : « Net, pratique, violent comme une boucherie demi-gros.
On y mangera en bras de chemise, les pieds dans la sciure. Les parquets du premier étage seront en bois de charme debout, comme les billots.
Partout des murs pourpres et blancs, des éclairages sans chichis, des fauteuils en bois formé modèle fonctionnaire chef de service sous Courteline ; des peintures “carnivores” en panneaux, des grilles d’anciennes boucheries comme claustras, les photos de ceux qu’on aime, bibliothèque et musée de boucherie, une clientèle sans frime et l’espoir d’un service diligent », relate Philippe Couderc dans Minute (6 juin 1986).